March 16, 2017

Salon de coiffure

Que recouvre le secteur de la coiffure ?

La profession de coiffeur consiste à effectuer, en salon ou à domicile, différents types d’opérations de soins esthétiques et hygiéniques sur la chevelure : shampooing, coupe, mise en plis, coloration, permanente, etc.

L’organisation de la profession

La profession s’est organisée autour de trois modes d’exercice :

  • Les indépendants,

Selon la Fédération nationale de la coiffure, les coiffeurs indépendants représentent environ 90% du nombre d’établissements du secteur. Ils misent généralement sur la qualité des services et sur la proximité avec leur clientèle.

  • Les chaînes,

Il s’agit de réseaux de salons sous enseigne. Les chaînes sont principalement composées d’entreprises indépendantes liées par un contrat de franchise au propriétaire de l’enseigne. La Fédération nationale de la coiffure évalue à environ 10% de le nombre de salons de coiffure sous franchise.

  • Les coiffeurs à domicile

La hausse des intervenant à domicile s’est accrue au cours de ces dernières années. Toutefois, le chiffre d’affaires représente moins de 10% du chiffre d’affaire global de la profession.

Combien de salons de coiffure recense-t-on en France ?

Un nombre d’établissement en forte progression

Le secteur de la coiffure comptait 79.500 établissements en 2012, contre 58.000 en 2000. Mais, dans un contexte de demande atone, cette inflation du nombre de salons pèse naturellement sur le chiffre d’affaires moyen et, par conséquence, menace la pérennité de certains opérateurs.

Une part importante des créations d’entreprise dans le secteur de la coiffure est imputable à la montée en puissance de l’auto-entreprenariat, personnes qui se sont lancées dans la coiffure à domicile.

Il convient également de préciser que 35% des immatriculations d’entreprises de coiffure ont été enregistrées en Ile–de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côtes d’Azur.

Le secteur occupait environ 170.000 personnes en 2012, dont près de 100.000 salariés.

Une activité artisanale

Le nombre de salons de coiffure n’employant aucun salarié est très élevé et en augmentation constante : 51,5% en 2012 selon la FNC.

Le nombre moyen de salariés par établissement s’établissait à 2,6 en 2012, contre 2,8 en 2008.

Par ailleurs, les salons de coiffure ont régulièrement recours à l’apprentissage et aux contrats scolaires afin de réduire la masse salariale.

Les grandes tendances du marché

Un marché qui se structure autour de deux grands types d’offre

Une certaine polarisation des prestations proposées par les professionnels de la coiffure autour de grandes catégories d’offres voit le jour :

  • Une offre discount essentiellement axée sur les prix et la rapidité d’exécution des prestations. Cette offre est généralement proposée dans les salons sans rendez-vous et repose sur un modèle économique jouant sur les volumes,
  • Une offre “haut de gamme”, qui soigne l’accueil et recourt à des techniques plus sophistiquées. Ce modèle économique repose plutôt sur la valeur ajoutée des prestations et la hausse du ticket moyen.

De nouveaux concepts de salons

Ces dernières années, un nouveau concept de salon de coiffure a émergé. Il s’agit d’implantations dans des lieux de passages tels les gares, les centres commerciaux, les aéroports… et où l’on pratique des services express (coupe et/ou coiffage, manucure, soins esthétiques rapides). Le but de ces concepts est de capter les achats d’impulsion  et de dernière minutes, le plus souvent avec des prestations basiques et ultrarapides pour un service partiel.

Les salons de coiffure ont également développé diverses activités connexes à leurs prestations parmi lesquelles :

  • La vente de produits et accessoires de beauté : produits capillaires, bijoux, articles de parfumerie, accessoires divers, etc. ;
  • Des prestations d’hygiène et de beauté corporelle : manucures, soins de la peau, etc.

 L’activité « coiffure » correspond au code APE 96.02A de la nomenclature NAF de l’Insee.

salon de coiffure business plan

Quels sont les principaux éléments de leur performance financière ?

Selon la Fédération des Centres de Gestion Agréés, les entreprises individuelles de la coiffure en salon comme à domicile ont vu leur chiffre d’affaires et leur résultat moyens se contracter en 2013.

Le résultat courant des entreprises individuelles du secteur de la coiffure en salon s’est établi à 20,1% du chiffre d’affaires en 2013 alors que celui des coiffeurs à domicile s’établissait à environ 35%.

Spécificités du compte de résultat prévisionnel

Le business-plan doit être adapté à cette activité. Les points suivants devront notamment être étudiés :

Le choix le plus fréquent revient à la SARL (95% des formes d’exploitation).

  • Le chiffre d’affaires se décompose en soins / revente de produits finis.

Prés des trois-quarts des salons de coiffure génèrent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 200 K€ HT.

  • La gestion des cartes de fidélité,

Le cas échéant, une provision pour risque devra être valorisée et intégrée au business-plan.

  • Le prix de location du linge ou son entretien,

Le linge constitue un poste de dépenses important pour les salons de coiffure. Pour démarrer, il faut environ une centaine de serviettes et une douzaine de peignoirs, étant précisé que la durée de vie d’une serviette est de deux ans.

L’achat du linge permet de réaliser des économies, mais cela implique d’en assurer l’entretien soi-même ou de recourir aux services d’un prestataire externe.

Le linge peut également être loué en souscrivant un contrat dit à 40% (sur une semaine donnée, 40% du linge vont au lavage, 40% reviennent au salon et 20% restent disponibles)

  • La masse salariale (shampouineur, assistant coiffeur, coloriste, coiffeur…)

Le poids des frais de personnel s’alourdit sensiblement avec la taille des entreprises individuelles du secteur. La masse salariale représente ainsi 4% des revenus des petits salons (chiffre d’affaires annuel inférieur à 42 K€), mais près de 40% de ceux des plus grands (chiffre d’affaires compris entre 130 K€ et 280 K€).

Dans les petites structures, l’impact sur les charges d’exploitation du coût supplémentaire engendré par le recrutement d’un nouveau salarié est significatif. Aussi, de nombreux salons de coiffure ont recours au temps partiel ou au contrat d’apprentissage pour développer l’activité en réduisant la hausse des charges de personnel.

La rémunération des débutants correspond au SMIC. La convention collective ajoute à cela une rémunération en fonction de la recette et des primes d’ancienneté.

  • Les redevances

Ce poste concerne les franchisés qui doivent s’acquitter d’une redevance habituellement calculée sur le chiffre d’affaires.

Il est impératif que la redevance ou son mode de calcul soit stipulé au contrat.

Si les franchisés doivent participer aux frais publicitaires qui servent à couvrir le coût du marketing et/ou de la promotion), la répartition de cette participation doit être prévue dans le contrat de franchise. Les salons franchisés doivent également prévoir un budget de publicité locale pour la durée du contrat.

  • La CFE

L’exonération de CFE prévue en faveur de certains artisans par l’article 1452 du CGI est notamment subordonnée à la condition que le contribuable “n’utilise pas des installations d’une importance ou d’un confort tels qu’il soit possible de considérer qu’une partie importante de la rémunération de l’exploitant provient du capital engagé”.

Dans le cadre de la taxe professionnelle (remplacée par la CFE), l’administration fiscale avait précisé, que devait être assujetti un coiffeur qui, eu égard tant au  caractère de son installation (quatre fauteuils) et à l’importance de son outillage électrique (quatre séchoirs, un chauffe-eau, un appareil à ondulations indéfrisables) qu’au fait qu’il effectue des ventes de produits de parfumerie et d’objets de toilette.

Il faudra être vigilant sur les prévisions :

  • du montant du loyer par rapport au chiffre d’affaires attendu

La surface moyenne d’un salon de coiffure est de 50 m². Dans le centre des grandes villes, la surface peut cependant atteindre 100 m². En raison des exigences imposées par les franchises, la surface moyenne des salons à tendance à s’accroître.

  • de consommations de matières premières et du taux de marge commerciale sur le négoce d’articles (shampoing, crèmes…),

Globalement, et en moyenne, le taux de marge brute varie peu selon la taille des entreprises. Il s’établit entre 88% et 90% du chiffre d’affaire annuel.

Naturellement, et comme pour toute activité, le business-plan devra intégrer tous les autres postes habituels et notamment :

  • le montant prévisionnel de la rémunération du dirigeant et/ou coiffeur,
  • les charges sociales qui en découlent (avec impact éventuel des exonérations accre par exemple),
  • l’estimation de l’impôt sur le revenu (entreprise individuelle ou société transparente fiscalement).

Points de vigilance du plan de financement

Il conviendra d’être vigilant sur l’établissement du plan de financement, notamment au regard :

  • du droit d’entrée en cas de franchise,

Dans le cas d’un salon de coiffure exploité sous contrat de franchise, un budget de 70 K€ à 180 K€, aménagement compris, n’est pas rare. Ce montant peut paraître élevé, mais les droits d’entrée ne représentent que 10% du total. Le reste concerne l’aménagement et la mise aux normes ainsi que le kit d’intégration (dont la formation).

  •  des investissements en matériel (travaux, bacs à shampoing, séchoirs, linge, outillage de coiffure…), en agencements (fauteuils, postes de travail, présentoirs à produits) et en informatique (ordinateur, logiciel de gestion de clientèle)

Des devis devront être obtenus préalablement à la remise du business-plan au conseiller bancaire.

  • du stock

Dans un salon de coiffure, le stock représentent entre 5 K€ et 10 K€.

Les achats de produits se font généralement auprès des grossistes (qui peuvent livrer en 24 heures), des fabricants auxquels de nombreux salons sont liés (L’Oréal, Eugène Perma, Schwarzkopf, Wella regroupés au sein du Groupement pour le Développement de la Coiffure), et des coopératives régionales d’achats.

  • du montant du capital social en cas de création de société par rapport au montant des apports en compte courant d’associé.

Pour mémoire, les comptes courants d’associés sont remboursables, sauf exigences particulières de la banque prêteuse.

  • du besoin en fonds de roulement

Habituellement, les salons de coiffurele besoin en fonds de roulement n’ont pas besoin de financement, présentant un solde négatif. On évoquera alors la présence d’une ressource en fonds de roulement.

L’excédent de fonds roulement représentait en moyenne 4 jours de chiffre d’affaires en 2013. Cela s’explique par un délai moyen de règlement clients de 1 jour de chiffre d’affaires, tandis que le crédit fournisseurs représentait 21 jours d’achats, le tout avec une rotation des stocks d’environ 17 jours.

Evaluation sectorielle

Points forts et faiblesses du secteur et/ou de l’entreprise ayant un impact sur la valeur

Points forts :

  • emplacement,
  • peu de concurrents à proximité sur le même type de clientèle,
  • niveau de qualification des employés,
  • réputation de la chaîne pour les franchisés,
  • fidélité de la clientèle et récurrence du chiffre d’affaires,
  • salon refait récemment

Points faibles :

  • turnover important, beaucoup de formations en alternance,
  • manque d’expérience des apprentis,
  • emplacement peu passant, ou sans clients potentiels suffisants,
  • salon vieillot.

Inventaire des méthodes les plus couramment utilisées dans le secteur

Le chiffre d’affaires est l’élément principal de l’évaluation d’un fonds de commerce de coiffure.

Le Mémento Transmission d’Entreprise 2013/2014, version en ligne, qui ne présente aucun caractère officiel, mais qui est généralement utilisé par les experts et les tribunaux, donne pour base d’évaluation une fourchette assez large : 65% à 130% du CA annuel TTC.

Les résultats obtenus par application de ce barème indicatif doivent être corrigés pour intégrer les caractéristiques du salon.

Cette évaluation s’entend matériel compris, à l’exclusion du stock de marchandises.

Le chiffre d’affaires retenu, TVA comprises, est souvent le chiffre d’affaires des trois dernières années. Le plus souvent, l’évaluation est pondérée de façon relativement intuitive par la qualité de l’emplacement et la rentabilité.

Au cours de ces dernières années, les coefficients (pour des salons “standard”) ont plutôt tendance à baisser du fait de la prolifération des salons et de la plus grande difficulté à marger.

Cette tendance est renforcée par la difficulté à trouver des collaborateurs compétents et à les garder.

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